Barca ou Barsakh, Ils profitent du COVID19 pour partir

Le Mardi 19 Juin 2020, 56 migrants clandestins perdaient la vie au large de la ville Tunisienne de SFAX.  Il s’agissait de 28 femmes, 25 hommes et de 2 enfants, selon le directeur régional de la Protection civile à Sfax. La majorité était originaire de l’Afrique subsaharienne. A cette heure où la COVID19 est au centre des préoccupations politico-économiques, certains voient en cette confusion et crise une opportunité à saisir quitte à y perdre tout.

Sarah rencontrée au salon de beauté dans un quartier huppé de Tunis, où elle travaille depuis deux années s’exprime sur le naufrage du 19 juin.

-J’ai vraiment mal. Il y a plus de cinquante de nos confrères qui ont péri hier dans la mer. Ils cherchaient à aller en Italie. J’ai une amie, presque une sœur, c’est moi qui l’ai poussé à quitter Abidjan pour me rejoindre à Tunis. Elle devait partir sur ce bateau, à la dernière minute elle n’est pas montée. J’ai failli la perdre. Personne n’a survécu. Ils étaient plus de cinquante. Personne n’a survécu.

J’avais donnée 4000 dinars (l’équivalent de 800, 000 FCFA) à ma sœur qui devait partir, elle a perdu l’argent, mais heureusement qu’elle est toujours en vie. C’est le plus important, poursuit-elle.

Pourquoi partir Sarah ? Pourquoi risquer sa vie ?

-Ceux qui partent savent pertinemment qu’ils mettent leur vie en danger. Parmi ceux qui partent y en a qui arrive à bon port, y en a qui meurent. Mais vivre à Tunis, sans papier, loin de sa famille, ça sert à quoi ? Jusqu’à quand ? J’ai laissé ma fille de 11 ans à Abidjan, à mon départ elle en avait 7. Qui va l’éduquer ? C’est très dur pour moi de vivre loin d’elle. De ma mère. Sans les papiers, je peux rentrer à Abidjan certes mais c’est sûr que je vais devoir laisser tout ce que j’ai gagné ici à la frontière. Lorsqu’on dépasse la durée du visa nous sommes contraints de payer des pénalités pour chaque jour vécu en Tunisie dans la clandestinité.

-Et si vous ne payez pas les frais qu’est ce qui se passe ?

-Rien ne se passe. Si tu ne payes pas, tu ne quittes pas la Tunisie, retorque Sarah. Donc, on tente l’Europe. J’avais supplié ma copine d’abandonner cette idée de partir. Elle est musulmane et m’a soulignée que sa mère à Abidjan avait fait des prières et offrandes et que cette fois serait la bonne. C’était sa quatrième tentative, et la dernière aussi, j’espère.

Rappelons que La méditerranée a englouti 347 vies tentant de joindre l’Europe, entre Janvier et Juin de cette année. Plus de 20,000 migrants clandestins y ont péri depuis 2014, d’après l’OIM.            

Author: T. Kh.

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