Mixta Sextape, La Police Enferme des Innocents et Laisse Libre le Vrai Coupable

D’apres seneweb, Fatoumata Barry, connue sous le nom de Rangou a été arrêtée hier par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité. D’après la même source, elle aurait créé un site porno dont l’accès était payant et qui permettait de booker des parties de jambes en l’air.

Cette même semaine où le Sénégal célébrait la fête de la Korite marquant la fin du mois d’abstinence qu’est le Ramadan, un autre scandale sexuel éclate sur les réseaux sociaux.

Sur des pages Facebook, les Sénégalais lamentent l’affaissement des meurs, la jeunesse perdue. Dans les groupes Facebook de femmes, des mamans émettent des cris de cœurs par rapport au besoin de mieux éduquer les enfants. Dans les groupes de jeunes, on indexe la génération 2000, la pire génération parait-il. D’autres demandent de voir les vidéos pornographiques affichant ces jeunes, avec leurs visages découverts.

Devant cette furie, moi je suis tout simplement confuse.

La pornographie est rependue au Sénégal. Jeunes comme vieux y ont accès et beaucoup y sont accros. Au Sénégal l’éducation sur la vie sexuelle saine est quasi inexistante, alors que le monde du sexe est seulement à deux cliques de tous, des enfants y compris. Des parents laissent les enfants se planter devant des tablettes et smartphones à longueur de journée sans supervision aucune. Il n’est pas rare de voir de tous petits enfants regarder des scènes obscènes ou violentes pendant que leurs parents sont occupés ailleurs. Pourtant Il existe des outils permettant de verrouiller l’accès à certains matériaux sur le net. Mais ces mesures de sécurité sont-elles rependues ? Quand est-il de l’éducation en dehors de la maison ? Elle est faible. Il suffit de regarder le niveau académique de nos enfants et jeunes pour le constater. Depuis des années le Sénégal encaisse des résultats à l’entrée en sixième, au BFEM, et au bac, catastrophiques.

Pas d’éducation, matériaux sexuels et autres à Gogo, du temps libres. Voila les cadeaux que le Sénégal donne chaque Noel, Tabaski et Korite à ses enfants. Et on se permet d’afficher des visages de gens choqués quand surgissent de temps en temps des sextapes, gouditown, etc. N’avons-nous pas réuni tous les ingrédients pour réussir un cocktail explosif de saletés et dangers pour la société.

Personnellement j’ai été exposé à la pornographie quand j’avais 14 ans. Ce même jour, ma petite sœur de 11 ans était avec moi. C’était un jour comme les autres, nous décidions d’aller au seul cybercafé de la ville, afin de surfer un peu sur le net et apprendre à manipuler l’ordinateur. Quand nous demandions la permission ce jour pour aller « manipuler » cet outil nouvel, nos parents nous ont laissé partir sans arrière-pensée. Nous même quand nous prenions contrôle de l’ordinateur en y mettant « le code » que nous avait transmis le gérant de la boite, nous ne nous doutions pas que nous verrons des images sales qui longtemps sont restées gravées dans nos méninges de jeunes enfants ne sachant rien de la sexualité. Nous crions de dégout et d’horreur et fermions vites la page qu’avait laisser l’utilisateur prédécèdent. J’étais pétrifiée, dégoutée et j’avais honte pour avoir vu ce que je n’aurai jamais due voir.

Suis-je la seule à avoir vu des images pornographiques à un si bas âge ?  Hélas, non ! La communauté, l’Etat, auraient-ils du me protéger et m’épargner de cela ? Oh, que oui ! Je n’ai jamais demandé à voir ce que je vis, on me l’a imposé.

La police, en enfermant les jeunes impliqués dans le scandale «mixta – sextape»  s’est trompée de coupable. Le véritable coupable c’est cette société qui contrairement à d’autres laisse ouvertes toutes les portes, menant à la pornographie et à la débauche. Cette société qui affiche un silence de cimetière quand il s’agit de sensibiliser de manière correcte et constructive sur la sexualité. Cette société qui fait semblant de ne rien voir face à des jeunes qui se partagent des éléments pornographiques. Cette société qui reste placide face à une jeunesse dont l’éducation depuis plusieurs années se meurt.

Author: T. Kh.

119 thoughts on “Mixta Sextape, La Police Enferme des Innocents et Laisse Libre le Vrai Coupable

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.