L’Immigration Clandestine: Entre La Responsabilité Etatique ET La Pression Sociale

Entre la responsabilité Etatique, la pression sociale et le rêve vendu, je vous comprends mais je ne vous encourage point.

Dans mon beau pays plus de 500 jeunes ont tenté la réussite par la voie la plus épineuse et risquée. Je suis au regret d’apprendre que plus 450 jeunes comme moi, soutiens de famille, dégourdis, engagés et très courageux ont perdu la vie en voulant illuminer celles des autres.
M’abstenir de vous comprendre relèverait d’une plus grande hypocrisie de ma part dans la mesure où j’ai aussi quitté le pays pour me chercher même si c’est dans d’autres conditions.

La responsabilité Etatique:

Alors que plusieurs de nos sociétés démocratiques s’interrogent à l’heure actuelle sur les moyens de préserver et de renforcer le nécessaire lien de confiance entre l’État et les citoyens, il paraît utile d’examiner le rôle du pouvoir exécutif national et local dans la poursuite de cet objectif en matière de « politiques de jeunesses »
Quelles sont les politiques d’employabilité des jeunes au Sénégal ?
Quelles sont les mesures prises pour garantir l’emploi des jeunes chez nous ?
La jeunesse est-elle impliquée dans l’action publique ?
Répondre à ces questions revient fondamentalement à revisiter avec des éléments plus détaillés la responsabilité du régime en place et du pouvoir exécutif local.

Chères autorités , l’heure est de se consacrer à l’essentiel et de mériter les privilèges dont vous bénéficiez pour faire valoir l’intérêt général. L’heure est de gouverner avec beaucoup plus de bienveillance dans tous les secteurs pour regagner la confiance du peuple.

La pression sociale :

On dit souvent que devenir mère ou père de famille est le rôle d’une vie. Dans les sociétés contemporaines où la natalité est encouragée, les femmes et les hommes qui ont fait le choix de ne pas avoir d’enfant se sentent souvent isolés et incompris.
La même pression se présente dans notre pays où le peuple est obnubilé par la « térangua ». Notre société a un rapport très dangereux avec la richesse et sa redistribution.Chez nous, existe celui qui est riche « kou tekii dara », ce qui pousse la plupart des jeunes à vouloir s’en sortir. Et pour ce faire, tous les moyens sont possibles.

Le courage et l’abnégation de soutenir la famille, peut-être même par sentiment de redevabilité à un membre de sa famille est l’une des principales raisons de ce désastre.
Ce qui amine cette jeunesse à prendre la mer pour une destination inconnue est aussi un sentiment de désespoir et de dégoût du fait de la manière dont ils sont traités dans leurs propres entourages.
Voilà ce qui souvent mène un suicide qui est loin du suicide qu’on nous avons l’habitude de voir en Occident car nous n’avons pas les mêmes problèmes quotidiens mais cela reste quand même un suicide dans le fond.

Le rêve vendu :

« On nous a tellement vendu du rêve que nous avons plus sommeil »
Entre le « Modou » qui te fait croire que tout est rose dans sa vie en Europe et un ingénieur ou étudiant qui verse dans l’abus pour quelques jours de vacances au pays, j’ai du mal à choisir entre « coronavirus » et « ebola ».
Nous nous sommes tous fait une idée du paradis sur terre. Sauf que la réalité est bien plus corsée en amertume que notre eldorado imaginaire.
La vie est aussi compliquée et dure que chez nous.
Je me dis souvent que rentrer vivre sa misère auprès des siens est mille fois plus digne que de vivre comme un moins que rien dans ces pays de “rêves”. Pourtant, ce sont les mêmes qui vendent du rêve au cousin qui meurt d’envie de venir se chercher en Europe .

A ceux-là s’ajoutent ceux qui ont peut être réussi leurs vies, mais la question se pose de savoir à quel prix ?
Êtes vous conscient des dégâts de votre « djobaniaw » au pays ? Ceux qui pensent que la modestie est pour les faibles sont souvent à l’origine de certains dérapages. La comparaison maladroite entre voisins « Hana guiso domou Diww ».
Et si vous mettez un peu plus d’eau dans vos « Bissaps » ?

De ce qui précède, je me range du côté de ceux qui pensent profondément que les responsabilités sont partagées à tous les niveaux de la société.
La misère de l’Afrique ne provient forcément pas de l’extérieur.
Je ne suis, ni du côté des afro-pessimistes encore moins des afro-optimistes mais plutôt du côté des afro-responsables : ceux qui pensent que nous devons prendre notre avenir en main et agir de façon à gagner la confiance de tout le monde dans la plus grande sincérité et la plus grande transparence.

Je termine cette petite note par des hommages à tous ceux qui ont perdu l’âme par abnégation et courage .

Souleymane Sall,Doctorant en science politique

Author: S. N. NIASS

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