la cérémonie de remise de diplômes aux magistrats sortants de la promotion 2024-2026 du Centre de Formation judiciaire (Cfj),s’est tenue ce 30 juin 2026 sous le thème « L’indépendance de la justice, fondement de l’État de droit ». Prenant la parole, le chef de l’Etat a réaffirmé son engagement en faveur d’une justice indépendante.
Lors de son allocution, il a rappelé que l’indépendance de la justice n’est pas un privilège octroyé aux magistrats. « Elle est, avant tout, une garantie fondamentale accordée aux citoyens. Elle est le bouclier du faible face au fort, du citoyen ordinaire face à la puissance publique, de l’accusé face à l’accusation. Elle est, en somme, la promesse que nul, si haut placé soit-il, n’est au-dessus de la Loi, et que nul, si humble soit-il, n’est en dehors de sa protection », a renseigne Diomaye Faye.
Il rajoute que la Constitution, en son article 88, consacre l’indépendance du pouvoir judiciaire. « Cette disposition traduit une volonté politique ferme de faire de la justice une institution souveraine, imperméable aux pressions de quelque nature que ce soit, politique, économique ou sociale. Quant à l’État de droit, dans sa conception la plus aboutie, ma reforme constitutionnelle repose sur l’effectivité du contrôle juridictionnel des actes du pouvoir. Cette exigence, les penseurs du droit l’ont formulée bien avant nous. Au 18ème siècle déjà, le juriste Henry de Bracton énonçait la maxime fondatrice de tout État de droit : « Le roi ne doit être soumis à aucun homme, mais à Dieu et à la Loi, car c’est la Loi qui fait le roi ».
Sept siècles plus tard, cette parole demeure le cœur battant de notre République : nul pouvoir n’est légitime que sous la Loi, et c’est au juge qu’il revient d’en être le gardien vigilant. Là où les juges sont indépendants, les droits fondamentaux sont effectivement garantis. Là où la justice plie sous les volontés des puissants, la démocratie se vide de sa substance et l’État de droit n’est plus qu’une promesse trahie. C’est pourquoi je réaffirme, avec la plus haute solennité, que l’indépendance de la magistrature constitue un pilier intangible de la République que nous bâtissons ensemble », a indiqué le président.
S’adressant directement aux nouveaux magistrats, Bassirou Diomaye Faye leur a rappelé l’ampleur de leur responsabilité. « Désormais, » vous êtes les garants d’une justice indépendante, socle fondamental de l’État de droit. En conséquence, vous ne devez obéissance qu’à deux maîtres : la Loi et votre conscience », souligne-t-il.
Il les a également exhortés à préserver leur indépendance face à toutes les formes de pression. « L’indépendance du juge est un droit pour le justiciable, mais elle est, plus encore, un devoir pour le magistrat. Il vous faudra résister à toutes les formes de pression, et vous souvenir que la peur n’a jamais rendu un seul jugement juste. Je vous invite enfin, à renforcer en permanence votre formation. Le droit évolue, la société se transforme, de nouveaux contentieux émergent », a-t-il précisé.
Selon toujours le chef de l’l’etat le thème « L’indépendance de la justice, fondement de l’État de droit », n’est pas le fruit du hasard. Il traduit une conviction profonde, un engagement inébranlable et une vision claire que nous portons collectivement pour le Sénégal. « En choisissant ce thème, vous avez voulu signifier que votre formation ne s’est pas limitée à un développement de compétences techniques, mais qu’elle s’est forgée au feu d’une éthique et d’une haute idée du service public de la justice », a-t-il précisé.
Bassirou Diomaye Faye n’a pas manqué de rendre un hommage appuyé à la marraine de la promotion, Mme Dior Fall Sow, saluant « un brillant parcours » et « une vie entière vouée à la justice et à l’État de droit », tout en soulignant sa contribution à la promotion des droits des femmes et au rayonnement de la magistrature sénégalaise sur les scènes africaine et internationale. « Je veux, en ce moment particulier, vous rendre un hommage appuyé et sincère. Votre présence parmi nous aujourd’hui, en qualité de Marraine de la Promotion 2024-2026, n’est pas fortuite. Elle est le fruit d’une reconnaissance méritée, le signe éloquent de l’estime et du respect qu’une vie entière vouée à la justice et à l’État de droit vous a justement valus. Vous avez ouvert des voies, démontré que l’excellence judiciaire n’a pas de genre, et que les femmes ont toute leur place jusqu’aux plus hautes fonctions de la magistrature. À travers cette cérémonie, c’est la Nation tout entière qui vous témoigne sa reconnaissance », dit-il.
Il a par ailleurs, a adressé ses chaleureuses félicitations au magistrats en leur souhaitant une carrière exemplaire au service de la République. « Puissiez-vous honorer la magistrature et la Nation par une belle et longue carrière. Que la rigueur, le courage et l’équité guident chacun de vos pas », conclut-il.





