« Ndengler », Au Delà De L’agitation !

( Par Dr Samba FAYE )

La situation qui deffraie la chronique depuis quelques temps révèle deux éléments : le besoin de mettre nos terres en plein emploi et la nécessité de préserver un modèle sociétal inscrit dans notre ADN.

Face à cette situation, nous pensons que la solution n’est ni de « tuer » Babacar Ngom encore moins les habitants de ladite localité. Dès lors, il nous faut chercher, dans un débat constructif, un point d’équilibre.
Ce serait utopique de penser que l’exploitation de nos terres sur trois mois peut nourrir une population dont le taux de croissance est des plus élevé. Donc il nous faut impérativement tendre vers l’agriculture intensive. Or, cela nécessite d’énormes moyens financiers (non détenus par les populations). Dés lors, il faut faire appel aux capitalistes (nationaux de préférence). Cela permettra d’espérer l’autosuffisance alimentaire qui par ricochet donnerait plus de marge de manœuvre à notre État dans ses relations avec le reste du monde.
Cependant, cet impératif ne doit pas être l’occasion d’exproprier des populations dont l’existence est corrélée à cela. Dans le milieu sérère, la terre est plus qu’un bien… c’est le centre de la vie communautaire.
Alors, ne commettons pas l’erreur (de plus ?) de copier un modèle de développement non conforme à la sociologie du milieu. D’ailleurs, le développement économique est sensé accompagné l’humain et non le contraire.
Au vu de tout cela nous proposons que le capitaliste (Babacar ngom) et le paysan (détenteur de la terre et de la force de travail) se mettent en actionnariat. En effet, ce serait ce que les économistes appellent une fonction Cobb-Douglas ou une alliance optimale entre le capital et le travail (pour les non initiés).
Ce faisant, le paysan de Ndengler ferait un apport en nature (sa terre) et Babacar Ngom un apport en numéraire (pour l’acquisition des machines). Toutes les deux parties feraient également un apport en industrie (Babacar ngom son expertise en business et le paysan sa force de travail).
L’entreprise nouvellement créée, permettrait aux deux parties de jouir pleinement de leur apports sans piétiner l’autre. Ce modèle est ce que nous appelons le business vert. Au regard de nos réalités culturelles le développement basé sur l’accumulation individuelle est une utopie. D’ailleurs ce modèle a montré ses limites en occident. On devient riche sans être heureux par ce que dépossédé de son âme.
Par ailleurs, nous regrettons la tendance actuelle d’une certaine élite à ne rien proposer comme palliatif si ce n’est rester dans un immobilisme qui est déjà suffisamment difficile pour les populations. Osons tenter le progrès non pas comme…. mais par et pour nous même !
Dans la culture africaine, si deux personnes se battent on les sépare d’abord et on va sous l’arbre à palabres pour trouver une solution. On n’élimine jamais un des nôtres sauf cas extrême.
#Dissipons Nos Ténèbres

Dr Samba Faye
Enseignant-chercheur

Author: La Rédaction

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