La Chronique Du Talaata: L’État Savonne La Planche Aux Primo-votants Refusons (Par Aly BATHILY)

Comme à son habitude, le gouvernement tente, par des subterfuges, de berner les Sénégalais, particulièrement les primo-votants dans le but de les écarter du processus électoral.

Dans notre rôle d’acteurs politiques, il est de notre responsabilité d’attirer l’attention de nos compatriotes, particulièrement à chaque fois que leurs droits fondamentaux sont bafoués, menacés et foulés au pied ! Cette responsabilité doit être traduite légitimement en bataille, pour que nos concitoyens puissent rentrer dans leurs droits.

Rappelons les faits. Le 26 juillet dernier, le Président de la République brandit le décret n° 2021-976 portant révision exceptionnelle des listes électorales, en vue des élections départementales et municipales du 23 janvier 2022.

Jusque-là tout va bien ; parce que le code électoral dans son article L-39 dispose : avant chaque élection générale, une révision exceptionnelle est décidée par décret.

Toutefois, l’avenir nous donne aujourd’hui raison sur le traquenard que nous évoquions en refusant de répondre à l’invitation au pseudo dialogue national.
La particularité que personne n’avait vu venir du Président de la République et de ses acolytes est dans son décret. Il dispose, et ce détail a toute son importance dans les subterfuges que nous avons souligné plus haut.

Retenez bien – l’article le plus important de son décret est le numéro 3, qui dit « l’inscription est faite sur présentation exclusive de la carte nationale d’identité biométrique CEDEAO ».

Le diable est dans les détails.

Sans équivoque, on se rend compte du jeu du Président de la République ! À défaut d’assouplir le droit de s’inscrire sur les listes électorales aux primo-votants, il savonne la planche et rend la tâche extrêmement laborieuse. Ceci est scandaleux ! la ficelle est un peu grosse.

Mais nous savons pourquoi. Nul ne doute que le Président de la République reste l’homme le plus informé du pays. Et donc, il n’est pas sans savoir que la principale menace de son régime viendra de la jeunesse, cette jeunesse en colère, qui, sans doute, ne manquera de traduire cette colère dans les urnes.

Encore faudrait-il daigner les laisser exprimer leur droit le plus absolu : le droit de vote, dont le préalable est l’inscription sur les listes électorales.

Dans sa tentative d’écarter une grande partie de cette jeunesse du scrutin, il pose un délai express de révision des listes électorales, compris entre le 31 juillet et le 14 septembre 2021 (soit 46 jours).
Il faille que le Président de la République et son Ministre de l’intérieur nous expliquent par quel moyen peut-on confectionner une carte nationale d’identité biométrique et s’inscrire sur les listes électorales, en ce temps record.

La réponse est qu’ils ont déjà sciemment saboté le processus électoral. Les Sénégalais ne doivent pas laisser passivement ce scénario machiavélique s’écrire sous leurs yeux. Nous devons prendre nos responsabilités.

Encore plus grave, beaucoup de Maires des communes gérées par la mouvance présidentielle ont dessaisi les délégués de quartier de leur capacité à délivrer un certificat de domicile. Certains d’entre eux vont même plus loin en récupérant la délivrance des certificats de résidence de la Police Nationale, de la Gendarmerie, des Sous-préfectures et des Préfectures. Toute délivrance est désormais centralisée dans le bureau du « tout-puissant Maire ».

Tout y va. Certains, prêts à dégainer pour leurs partisans, se baladent avec des certificats de domiciles vierges pré-remplis.

Le recul démocratique, l’insulte quotidienne faite à nos institutions ont fini par scléroser ce pays et si le peuple ne fait pas face, nous perdrons tous les droits acquis de hautes luttes par nos ainés.

La République des Valeurs appelle le Président de la République à la raison.

Monsieur le Président, vous en sortirez grandi en prenant de suite un décret permettant aux primo-votants de s’inscrire sur les listes électorales, soit par un extrait d’acte de naissance, soit par un récépissé de dépôt d’une carte nationale d’identité.

Certain que cette exhortation tombera dans une oreille sourde, j’en appelle à l’ensemble de l’opposition républicaine ; nous devons être en première ligne et en ordre de marche pour que nos compatriotes puissent rentrer dans leurs droits.

166 jours nous séparent des élections locales et beaucoup de nos compatriotes souhaitant remplir leur devoir citoyen le plus absolu, c’est-à-dire le droit de vote, risquent d’en être privés. Il est de notre devoir de dénoncer ce coup d’État électoral, il est de notre devoir d’accompagner nos concitoyens !

Si rien n’est fait, le gouvernement s’arc-boutera dans sa position.

À l’image de ce qui s’est passé à Pikine-Nord, réclamons nos droits, manifestons devant les municipalités qui refusent la délivrance des pièces administratives, manifestons devant toutes les commissions de révisions pour faire flancher la position « jusqu’au-boutiste » du gouvernement.

En attendant, méditons Nelson Madiba Mandela : « AUCUN DE NOUS, EN AGISSANT SEUL, NE PEUT ATTEINDRE LE SUCCÈS. »

Prenons soin les uns des autres. Respectons les gestes barrières.

Que Dieu bénisse le Sénégal !

Aly BATHILY
Spécialiste de la communication politique
Membre de la cellule des Cadres – République des Valeurs (Réewum Ngor)

Author: S. N. NIASS

21 thoughts on “La Chronique Du Talaata: L’État Savonne La Planche Aux Primo-votants Refusons (Par Aly BATHILY)

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